Ne vous étonnez pas, le terme est le bon : c’est bien de la voie dont il s’agit et non de la voix. La voie de la réflexion, de la prévention, de l’action. Celle-là même, que nous évoquons ensemble, ici, depuis plusieurs années maintenant et qui a pour seule ambition d’inciter chacun à bien prendre conscience de la réalité du Risque Majeur afin de  tenter au mieux, de se préparer. Au cas où…

Le Risque Majeur se veut sournois. C’est sa signature. Comme Raminagrobis, il laisse faire, il laisse venir et, au moment où on l’attend le moins, il passe à l’attaque. Son opération fourberie est alors démontrée.

Le viaduc Morandi a cédé. La ville de Gênes, l’Italie, la France, l’Europe et au-delà, sont dans la douleur. Encore un Risque Majeur, passé de l’anonymat à la lumière. Qui serait allé le chercher là, en ville où il faisait partie des meubles, depuis plus de cinquante années ? Qui ? 

Il faisait partie des meubles. Justement ! Oui, je sais, nombreux sont ceux qui se doutaient. Certains étaient persuadés que « ça » arriverait. D’autres savaient. Ils l’ont dit… surtout depuis ce jour du 14 août.

Et puis, aussitôt, un Ministre de l’Intérieur a accusé : il va falloir payer. Le concessionnaire est prévenu… Depuis, il a été viré. Ou pas. Le bal du non-sens, emmené par la danse du ridicule, couvrent de leur ombre, des victimes qui, une fois de plus, n’avaient rien demandé. Comme si, dans les jours qui suivent l’événement, le sujet premier était financier. Puis, il s’en est pris à ses prédécesseurs, à l’Europe. Tout est bon. C’est vrai, on oublie trop vite que ce monsieur appartient à un gouvernement populiste. Par définition, chez ces gens-là, la démagogie n’est pas un point de faiblesse.

Bien sûr, des questions seront à poser. Plus tard.

En ces moments, ayons plutôt cette pensée, la pensée due aux victimes, celles et ceux qui sont partis, celles et ceux qui les pleurent, pris dans les mailles du silence laissé par leur disparition, celles et ceux qui souffrent, dans les hôpitaux ou chez eux, pris, eux, dans le diaporama d’éclats lumineux renvoyés par les images et le vacarme de la chute, ne pouvant se raccrocher à rien…

C’est à chaque fois, le même sentiment qui revient, celui de l’injustice. Qui, un jour ou l’autre, au cours de sa vie, n’a pas donné un coup de pied dans une fourmilière et constaté les dégâts ? C’est ce que fait le Risque Majeur. Pour autant, il ne faut pas renoncer à se donner des moyens, même s’ils paraissent dérisoires, pour créer un automatisme nécessaire, quel qu’il soit, qui pourra nous permettre de nous en sortir. Au cas où…

Par contre, d’abord : croire en soi.

Bernard Sautet

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