Grâce aux yellow jackets…

Quoi ? Pourquoi vous ne les appelez pas Gilets jaunes ? Avec leurs anglicismes, les français…

C’est un salut : ils sont connus aux États-Unis où on les appelle comme çà… Normal, non ?

Euh, oui !

Ça fait rigoler, là-bas… L’image de la France, tout de suite reconnue !

Bref, pour éviter leurs blocages, le 17 novembre, je suis arrivé la veille au soir, là où j’avais à faire le samedi, au nord de Paris. Impossible de repousser…

Alors ?

Ben, allez trouver un hôtel, plein Centre Ville, à quelques kilomètres de la Capitale, pour éviter d’avoir à rire jaune le lendemain matin et, ainsi, louper votre rendez-vous… J’ai eu une chambre, via internet, sauf qu’elle ne correspondait pas tout à fait à la description donnée…

Et alors ?

Ça fait drôle. Vous arrivez dans un bâtiment relativement neuf, grand – 100 chambres – le concierge vous accueille, derrière son comptoir, tandis que le Monsieur Sécurité, debout, vous épluche. Grand black, il sourit, mi gentil, mi narquois… Et autour, affalés sur des banquettes et fauteuils simili cuir disposés en demi-cercle, certains appuyés sur leurs valises, des clients. Trois qui dorment, deux qui parlent et une dizaine sur leur smartphone. Et aucun ne vous voit ou si peu, que vous vous rendez compte très vite, qu’ils sont ailleurs… Il est quelque chose comme 23h. Il n’y a que des hommes.

Des gens perdus !

Sûrement. D’un autre côté, vous ne pouvez pas vous empêcher de penser à ce que peut représenter le coût de cet accueil.

Ils sont là pour quelques jours…

Vous savez qu’ils peuvent très bien rester jusqu’à un mois/un mois et demi ! Certains, dans d’autres établissements, faisant exploser les compteurs, en passant parfois plus d’un an ou plusieurs années, même, avec famille et bagages. Ils sont là, comme ça, à attendre. Qui, de retourner demain… 

… au pays ?

… non, au boulot, qui, s’accrochant à une autorisation de séjour, qui, craignant l’annonce de la date de son prochain renvoi, toujours avec la famille et les bagages…

Dans les étages, ils passent de chambre en chambre ou fument leur cigarette ou autre chose, je ne sais pas. Jusqu’à 70 € la nuit, à deux trois ou + personnes… Et vous, vous déboulez. Vous avez fait 800 bornes. Grosse fatigue. La chambre est plutôt propre, les draps bien blancs, la couverture, le dessus de lit, bien sales… Pas envie de râler. Sincèrement, vous ne vous attendiez pas à croiser ces gens. Vous n’êtes pas prêt. Les questions s’entrechoquent dans votre tête : vous étiez pour, vous étiez contre. Ce n’est pas simple.

J’ai lu un truc, il y a quelques années, que j’ai ressorti : 35 000 personnes hébergées chaque nuit dans 538 hôtels sur Paris/Région Parisienne. 15 % de l’offre hôtelière de l’Ile-de-France. Le marché des hôtels économique saturé, il faut monté d’un cran dans l’offre. Sans compter, toujours en RP, 40 000 places, dans les structures d’urgence. Pas adaptés à l’accueil des familles. Il n’y a pas, le système craque…

Et eux ?

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