Individuellement, quel pourrait être le déclencheur de la reconnaissance puis, de l’adoption de la Prévention, en matière de Risque Majeur ?
Question délicate, Gipeurien, parce que très personnelle pour chacune et chacun.
C’est vrai. Mais avant d’élaborer une piste, nous devons retenir qu’en matière de Prévention face au Risque Majeur, la population me paraît être partagée. Non pas avec des notions de pro ou d’anti, mais dans quelque chose de plus impalpable : le trouble…
Et non pas le doute ?
Pour certains, le doute est un bloc. Ils sont dans le refus de savoir, voir, devoir. Il n’y a pas de questionnement. Le trouble, lui, est complexe. C’est un imbroglio de peurs, de dénis, de paralysie, d’incertitudes, d’inconséquence, d’irréflexion, d’imaginaire, qu’il s’agit de démêler. Et cet imbroglio agit en silence. Chacune et chacun savent que les Réalisations de Risque concernent de plus en plus l’ensemble de la Planète, donc nous. Et puis, les catastrophes, les drames vécus sont eux aussi, de plus en plus immédiatement médiatisés, les points météo très souvent alarmistes, les témoignages diffusés. Tout cela entraîne une série de questionnements.
Mais il y a de quoi rester tétanisé !
Alors, non, justement. De façon générale, deux grands axes, me semble-t-il, sont à rapprocher. Le premier, c’est l’observation que l’on peut faire de la réaction des gens lors d’une Réalisation de Risque. Globalement, ces tragiques événements, ont le pouvoir de déclencher un intérêt commun et particulier pour ce qu’il vient de se produire. Et cet intérêt dégage un mélange de frayeur, d’empathie, de colère, de réalisme, de curiosité, débouchant sur la réflexion qui – pour certains – amène à la prise de conscience…
Pardon de vous interrompre Jefékoa, mais si cette prise de conscience était effective, ça se saurait, non ?
Vous avez totalement raison et vous devancez mon propos, puisque l’on sait que cette prise de conscience est, au final et, de fait, mort née…
Vous voulez dire qu’à peine enclenché, le temps de gestation d’une réflexion court sur un laps de temps de quelques jours, voire de quelques heures et, hop, on passe à autre chose ?
Vous avez tout compris. Cette voie ne débouche sur aucun type d’action. Au mieux, elle peut amener un début de lucidité, mais certainement pas de décision. C’est la Prévention qui, à peine réalisée, s’évapore. C’est ce que j’appelle la Prévention post-émotionnelle.
Vous parliez de deux grands axes, tout à l’heure…
Oui. Le second peut être à l’origine d’un électro-choc. Nous l’aborderons prochainement. Et là, il ne s’agira plus d’émotion…
