Après ce que l’on a dit la semaine dernière, je trouve terrible le peu de cas qui est fait de la Prévention Risque Majeur. Mais pour autant, est-ce incorrigible ?
Tout dépend de ce à quoi vous faites allusion, Gipeurien ?
Difficile à dire, mais pour résumer, j’essaie de mesurer la qualité de la Prévention Risque Majeur. Ce qui signifie que, si nous avons relevé un point fort, j’évoque ici l’opposition entre doute et trouble…
Donc le passage d’un état d’affirmation, à celui de questionnement…
Oui, c’est ça, en fait l’individu devant la réalité du Risque Majeur, ne serait pas abrupt en terme de négation mais, plutôt en mode de déstabilisation, c’est à dire, d’interrogation.
Ben, “Risque majeur, je fais quoi ?”, ça ne vous parle pas ? Qu’en faites-vous ? Vous êtes en train de rejoindre la position de notre fondateur, celle qu’il expose et défend depuis la toute fin du siècle dernier. Et, vous ne vous en apercevez même pas…
Si, si bien sûr, mais ce qui me préoccupe à cet instant, c’est la conclusion que nous avons émise…
Quelle conclusion ? Nous n’avons rien conclu…
Enfin, Hon’Sépa, que faites-vous de la Prévention que nous avons appelée Post-émotionnelle ?
Mais ce n’est pas une conclusion à proprement parler, c’est une réaction, peut-être un lien, en tout cas une étape, ça oui. Soyons prudents dans nos propos ! Oh, écoutez Jefékoa, expliquez-nous, moi-même je finis par m’y perdre un peu…
Attendez, qu’avons-nous dit en conclusion, que je vais nommer “partielle” afin de ne froisser personne ? Nous avons souligné et considéré comme acquis, qu’une Réalisation de Risque se déclenchant, nous observions chez l’humain – l’événement survenu – une émotion qui explose et se répand, que venait ensuite une réflexion préventive (mais le sait-il ?) qui s’ébauche, qu’au final, pratiquement dans la foulée de cet emportement passé, on trouvait une superposition de couches successives, constituées de manque, d’effacement, de manquement qui laisseront la place à l’absence en toute fin, juste avant la phase de l’oubli. Et ces ressentis, comme ces sentiments, se succèdent relativement rapidement, en fonction de l’impact événementiel et des personnalités de chacune et chacun. C’est cet ensemble de réactions qui constitue le mouvement de la Prévention post-émotionnelle.
Voilà qui est clair. Alors, cette fois, vous obtenez bien une conclusion ?
Oui. En premier lieu, je pense qu’il y a là matière à développer un nouveau concept : le concept de la Prévention post-émotionnelle, sur laquelle, nous reviendrons. Et en second lieu, sans aucun doute, sa nouvelle existence, son contenu sont dus à l’opposition de la survenance de l’événement d’un côté, à l’émotion qu’il déclenche, de l’autre. Le problème reste que l’émotion ne tient pas dans la durée, ce qui ne laisse pas suffisamment de temps à une action durable pour s’enclencher. Aussi, la notion de responsabilisation face au Risque Majeur, a du mal à se frayer un chemin.
“L’émotion ne tient pas dans la durée”. Mais alors, c’est un faux départ !
