La semaine dernière, nous avons laissé l’inquiétude s’installer. Discrète, diffuse, presque silencieuse. Mais au fait, JeFékoa, vous sous-entendiez qu’elle ne venait pas seule…
Exactement. Parce qu’une inquiétude qui dure n’est jamais neutre. Elle travaille en profondeur. Elle déplace déjà quelque chose en nous.
Déplace ? Vous voulez dire qu’elle précède ou nous fait passer de l’émotion à autre chose ?
Oui. À condition de ne pas la recouvrir trop vite. L’inquiétude, lorsqu’elle insiste, peut devenir une force de préparation. Une Prévention qui naît de l’intérieur.
Ah, nous y voilà… Vous êtes en train de faire entrer l’émotion dans la Prévention ?
Pas exactement l’émotion. Plutôt ce qu’elle laisse derrière elle. Le trouble. Le questionnement. Cette petite voix qui revient : “et si cela arrivait ici ?”
Donc, finalement, ce malaise n’est pas un ennemi ?
Non. Il peut devenir un point d’appui. Souvenez-vous : ce que nous appelons volontiers une Prévention post-émotionnelle. Celle qui surgit après le ressenti, lorsque l’esprit commence à reprendre sa place.
Autrement dit, l’événement ou même sa simple possibilité provoque une onde de choc et, cette onde pourrait nous faire avancer ?
Exactement. Là où l’émotion traverse, là où l’inquiétude s’installe, la Prévention peut commencer à se structurer. Pas dans l’urgence. Pas dans la peur. Mais dans la prise de conscience.
Je commence à comprendre. Ce n’est plus la sidération, c’est le moment où l’on se dit : “il faudrait peut-être que je m’y mette…”
Voilà. C’est souvent là que naît la première décision intérieure. Pas encore l’action. Mais déjà le basculement.
Et ce basculement, dans le champ du Risque Majeur, peut changer beaucoup de choses.
Il change tout. Parce qu’il transforme un ressenti subi, en début de responsabilisation.
Au final, derrière l’inquiétude il n’y avait pas seulement une émotion, il y avait déjà le premier pas
Et peut-être même, le premier pas vers une Culture du Risque…
