À force d’en donner, des avertissements, à force de dire, d’expliquer, de hurler, on va finir par y arriver…

Et le silence, vous avez essayé ?

La Terre, a essayé. Elle essaie encore. Mais elle est en passe de ne plus rien retenir des incendies, des inondations, des tempêtes, des vents surpuissants, des séismes, des effondrements, et tant d’autres. Vous l’avez compris, je parle du silence d’après sinistre…

Ça, il faut bien avouer que, là elle commence à craquer…

Pour notre part, nous y avons déjà fait allusion. Mieux, nous l’avons dit en 2023 “La Terre nous a prévenus”…

Parle à mon…

Oui, Gipeurien, tout le monde connaît, pas la peine d’aller plus loin !

Vous ne savez pas ce que j’allais dire ! Je peux quand même…

Si… Non !!! Jefékoa, vous vouliez parler…

Heu, oui, l’avertissement. Que voulez-vous que je vous dise ? C’est simple, le constat est sans appel : les hommes se foutent de ce que des hommes disent, exposent, prouvent. Et aujourd’hui, je n’ai plus envie de me demander : “Pourquoi la Terre, souffre-t-elle ?” et encore moins : “Pourquoi avons-nous peur ?”. Le sujet n’est plus climatique. Il l’est, on y est, on le sait. Peu importe le pourquoi du comment, le sujet est devenu humain, un point, c’est tout. La Terre a prévenu et continue de prévenir, les scientifiques préviennent, les événements et les catastrophes préviennent. Les anciens préviennent en rappelant, en situant, en témoignant. Les victimes préviennent. Et, que faisons-nous de ces avertissements ? Où sont les réactions, ne serait-ce que les interrogations ? Où sont les envies de trouver, ne serait-ce qu’une réponse qui lancerait une question, puis une autre, une autre encore et ainsi de suite ? Mais, je vois : quand les catastrophes concernent l’autre bout du monde, ça va, c’est loin. “Oh les pauvres gens !” s’exclame-t-on, avant d’aller chercher une petite bière dans le frigo et de passer à autre chose. Eh bien non, maintenant, les catastrophes, elles sont aussi ici, “chez nous”. Elles envahissent, détruisent, tuent ici, et ça change tout ! On se sent soudain, réellement concerné. Sauf que… un truc ne change pas : l’avertissement fait toujours “Pschitt” ! Alors, on se donne une contenance, on se donne bonne conscience, on y croit, au moins, le temps de le dire, on lance : “Plus jamais ça !”. Combien de fois je l’ai entendu ? Trop.

Je vous vois ému, Jefékoa, tendu même…

Mais oui ! Excusez-moi, je veux uniquement exprimer mon doute. Car, aujourd’hui vraiment, ce doute, déjà ancien vous l’aurez compris, est devenu un véritable doute. Depuis le temps que nous traitons de ces questionnements, somme toute simplement humains, pendant que d’autres pérorent, croient faire de la politique, alors qu’ils ne font que chercher à accuser, à blablater, sur qui a raison, qui a tort et, surtout, qui est responsable…

Ah, désigner le responsable !

Le montrer du doigt, alors que la vraie question est ailleurs. Eh bien, coup après coup je doute et, aujourd’hui, je demande : “Que considérons-nous, que faisons-nous lorsque le Risque nous adresse un avertissement ?”. Nous, humains, que faisons-nous des avertissements ?

On attend que l’autre commence…

Tout est là : la relation entre le signal et la réaction humaine.

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