Devant le Risque, vous y croyez vous, qu’elle peut très bien ne pas venir, l’Inquiétude ?
Il y a déjà une première question à se poser : peut-on agir sans avoir peur ?
Oh ben, alors là, facile : oui, bien sûr, qu’on peut agir sans avoir peur…
Eh, pep, pep, pas si simple ! Pensez tout simplement à cette problématique : pourquoi tant de démarches de prévention semblent-elles considérer qu’il faudrait d’abord inquiéter pour provoquer une réaction ?
Vous n’avez pas vraiment besoin d’inquiéter, le Risque s’en charge tout seul !
Pas sûr : l’absence d’inquiétude ne signifie pas nécessairement l’absence de conscience du Risque…
C’est vrai qu’on peut ne pas être inquiet parce qu’on ignore le danger. Mais on peut aussi ne pas être inquiet parce qu’on le connaît, qu’on le comprend et qu’on sait comment s’y préparer.
J’ai une idée qui me vient : on peut également chercher à comprendre, non parce qu’on a peur, mais parce que quelque chose nous interpelle, non ?
Oui, oui, tout à fait ! Ce qui tend à démontrer que l’inquiétude ne détient pas le monopole du questionnement intérieur. Et là, j’ai envie d’amener la question de l’absence d’inquiétude de façon différente : qu’est-ce qui nous pousse à agir lorsque nous n’avons pas peur ? Jusqu’à maintenant, nous cherchions à démontrer qu’il était possible d’agir sans peur. Je crois sincèrement que la réponse est acquise d’avance !
Ici, l’intéressant, c’est que nous cherchons ce qui déclenche le mouvement.
Et là, le terrain devient plus riche, ça me semble évident !
Justement, prenons trois situations. Dans la première, on pense que l’on n’est pas inquiet parce qu’on ne connait pas le Risque. Nous n’avons donc aucune raison apparente de nous en préoccuper. Ça c’est l’ignorance. La deuxième situation revient à se dire : je connais le Risque, je sais qu’il existe, mais je me sens suffisamment préparé pour ne pas en être inquiet.
Là, nous touchons soit à la Confiance, soit à l’Inconscience. Tout dépend de ce qui justifie cette assurance !
Enfin, troisième situation : je ne suis pas inquiet, mais quelque chose attire mon attention. Je veux comprendre. Je commence à m’informer. Et, peut-être, je finis par agir. Et c’est notre troisième participante. C’est ? C’est celle de la curiosité !
Conclusion, l’inquiétude n’est pas le passage obligé vers la Prévention.
