L’émotion me perturbe ! Après ces inondations à n’en plus finir, et puis, ces avalanches en série, je ne suis pas bien.
L’émotion elle même vous émeut, Gipeurien, je le vois ! Or, c’est rare que quelqu’un le soit, plusieurs jours après que l’événement soit passé…
?…
C’est vrai ! J’ai l’air de plaisanter mais, pas du tout. Le moment serait mal venu…
Je vous écoute tous les deux et en fait, je me dis que vous venez conforter la notion, plutôt mal connue je crois, et observée, voire élaborée par notre fondateur, Bernard Sautet, selon laquelle, dans le processus de la Prévention, vient une réaction/action conjointes, qui est celle de l’émotion…
Mais, quand la situe-t-il dans le temps de Prévention ?
C’est à dire que vous avez deux types de Prévention, on l’a vu, ce sont la Préventive qui démarre en amont d’une Réalisation de Risque et la Préalable qui la prépare, donc dans une idée de Réalisation effective. L’une est en mode accompagnement de l’individu, l’autre en est l’aspect pratique. Organisationnel, si vous préférez. Simplement, on soulève une troisième vision : celle de l’émotion…
Mais l’émotion ne vous envahit pas quand vous êtes dans vos périodes de réflexion, de construction préventive et, encore moins préparatoire ?
Rappelons-nous que l’émotion n’a rien d’un préalable. Elle vous saisit lors d’une Réalisation de Risque Elle est une conséquence.
Exemple flagrant actuel, avec les événements du Moyen Orient !
Et, constat parfaitement identique avec les inondations, les avalanches et les autres, si je vous suis bien ?
Seul le format de la Réalisation de Risque, impose le niveau de l’étendue de l’émotion. Sinon, le schéma reste le même : c’est la peur pour ceux qui sont pris dedans et la sidération pour ceux qui, incrédules, assistent impuissants à l’événement. Et là, vous êtes témoin de la première phase du phénomène émotion qui se dédouble avec, d’un côté la peur des exposés, autrement dit les personnes touchées par l’événement directement, voire indirectement pour certains et, de l’autre côté, la sidération des observateurs, pour les personnes qui ne sont pas impliquées, donc, en l’occurrence, le reste du monde. Après quoi, pour la première famille, ce n’est plus l’émotion qui évolue, c’est la peur, car la peur n’est plus une onde collective, elle devient une réalité personnelle, nous pourrons en reparler. Quant au reste du monde, vous avez encore quatre phases qui vont se succéder…
