La permanence de la Prévention face au Risque Majeur est entière, puisqu’elle est alignée sur la durée de vie totale, je dis bien totale, de l’existence du Risque. Tant qu’il existe, tant qu’il est menaçant il ne faut pas le lâcher. La Prévention veille…
C’est nouveau, ça ! Magnifique programme JeFékoa, mais vous proposez quoi ? D’abord la Prévention est un outil prévisionnel, comme son nom l’indique. Il intervient en amont…
Gipeurien, c’est vous qui dites ça ?
Vous savez parfaitement que la théorie de notre Fondateur, inscrit la Prévention comme premier gardien du maintien du Risque Majeur en mode surveillance permanente, aussi bien collectivement qu’individuellement.
Vous allez évoquer les politiques institutionnelles qui, d’ailleurs je le reconnais, pèsent dans notre pays… Au point que nos concitoyens s’appuient dessus et d’une certaine façon, pour la plupart, s’en contentent, pensant suffisante, l’efficacité de leur couverture…
Ce n’est pas le cas ?
La question ne se pose pas ainsi. D’abord, parce que la réalité de ce qui est fait, est réellement à souligner. Ensuite, nous le savons, la qualité de l’engagement préventionnel de chacune et chacun, est timide, en matière d’ambition, de réalisme, de volonté…
Ho, là, là…
D’un côté, l’inquiétude rôde si, en société, vous évoquez la thématique Risque Majeur, de l’autre, il suffit de connaître ou entendre parler d’une Réalisation de Risque pour, qu’immédiatement, l’émotion s’empare des individus, ce qui est bien normal !
Vous avez raison d’en parler, parce que cet instant de peur pour les uns, de sidération pour les autres, révèle un phénomène émotionnel qui circule comme une onde collective, bien souvent remarquable… Qui prend tout son sens au fur et à mesure de l’évolution de l’événement.
Comment ça, évolution ? Mais, qu’est-ce qui déclenche cette évolution ?
En premier lieu, la transposition. “Et si ça arrivait ici, là où je suis, là où je vis” ? La pensée prend la main. Son rôle devient primordial. Prenons un exemple frappant, celui des écoles. Lorsqu’un élève, un enseignant est agressé, lorsqu’une rixe éclate, sitôt l’événement à peine terminé – mais loin d’être évacué – les parents venus récupérer leur enfant sont aussitôt interrogés…
Car, naturellement, les journalistes affluent à grande vitesse…
Ce qu’ils disent presque tous : “c’est triste, inadmissible, je suis choqué(e), etc.” et, immédiatement : “heureusement que ma fille (ou mon fils) n’a rien vu”. Le réflexe est le même pour tous, à savoir ramener à soi, l’événement qui, à ce moment précis, devient secondaire.
Et pourtant, nous sommes dans un moment où l’émotion – toujours omniprésente – est devenue, de fait, relationnelle…
Attendez, vous allez un peu vite. Les gens sont présents, soudés. La pensée, elle aussi, va vite : elle parle compassion, solidarité…
Et heureusement. Mais, vient alors le temps de l’interrogation : les pourquoi, comment ? Et l’on assiste à l’installation, tout en douceur, de la Prise de Conscience, qui va s’ouvrir sur deux chemins possibles…
Un choix ?
Un de plus : soit l’événement s’inscrit dans la mémoire collective, avec le connu, “Nous ne vous oublierons pas”. Un engagement solennel. Soit, l’émotion retombe et, c’est l’oubli.
C’est précisément à ce stade qu’intervient la Prévention Post-émotionnelle. Comme une sensation de rebond. Comme la nécessité d’un renouveau. Car, lorsque l’émotion transperce, elle ouvre parfois – pour un instant – une brèche dans les habitudes. Et c’est dans cette brèche que la Prévention peut entrer.
