Il  y a des fois, j’aimerais être un drone…

Déguisez-vous en aigle, tant qu’à faire ?

Non, simplement être un petit drone sympa !

Je crois savoir ce qui vous préoccupe Gipeurien : est-ce que ce petit drone sympa, vous ne voudriez pas que, de temps à autre, il puisse se substituer à votre regard ?

Ah bien, si justement et, si je me retrouve avec un oeil d’aigle, je prends.

Admettons que vous puissiez voir de plus haut, que verriez-vous ? Avec quel regard ? 

Eh bien, je verrais le gars qui jette son mégot, l’écrase à peine et continue son chemin, le montagnard en escalade, qui veut prendre appui sur une pierre, se loupe et la regarde descendre, et le même qui, l’hiver suivant en hors piste, sans peur et sans reproche, échappe à une glissade possiblement mortelle et…

Non Gipeurien, ce n’est pas cela que je regarde.

Ah bon ?

Je ne regarde pas le mégot, la pierre, la glisse…

Pourtant…

Je regarde le geste.

Je ne regarde pas l’incendie, je regarde ce qui l’a rendu possible. Je ne regarde pas l’éboulement, je regarde la petite faute qui semblait alors, sans conséquence. Je ne regarde pas l’avalanche, je regarde la décision prise, plusieurs minutes auparavant.

Si l’on accepte de prendre le temps de regarder autrement une situation, on entre déjà en Prévention. Tout commence par ce que l’on choisit de voir. Le regard précède l’action.

Alors, par exemple, le regard peut tuer ?

Honnêtement, je ne crois pas. Ce n’est pas le regard qui tue. C’est l’absence de regard. Ou c’est le regard qui se détourne. Ou c’est le regard qui banalise…

Hon’Sépa, vous avez un autre regard à l’esprit, j’en suis certain…

Pas réellement un autre, je viens de l’évoquer et le précise : le regard en Prévention.

Une façon de retenir le geste de trop.

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