Mort au Champ d’Honneur, sur les Champs Élysées, pas si loin du Soldat inconnu… Une image forte, je trouve. Pas vous ?

Ce policier tué est le symbole de quelque chose. Je ne sais pas comment dire… Au moment de l’hommage qui lui est rendu ce matin, encore l’émotion… Celle que nous ressentons, à chaque fois…

C’est la démonstration visible d’un comportement né depuis peu, avec ce que les français subissent au travers des divers attentats perpétrés sur notre Territoire. Un comportement fait de refus de céder à la provocation de la haine. Même s’ils ont peur – et qu’on arrête, ils ont peur – ils continuent leur vie normalement. C’est fort. Les français et d’autres, d’ailleurs : nos amis étrangers, présents sur notre sol, touristes de deux jours, totalement interloqués ou travailleurs, familiers de notre Pays, amoureux du français, qui sont là, depuis et pour des années… Un comportement partagé pour un choix, celui de mener le combat. Combat contre soi avec le trop plein de questions qui assaillent et peuvent, à terme, empêcher de faire ce que l’on a à faire. Combat silencieux contre l’autre et son obscurantisme.

C’est là où je refuse la notion du « Même pas peur ! ». Il faut avoir peur. Sinon, vous n’êtes qu’une tête brûlée, un fou furieux prêt à tout dont le n’importe quoi. La peur, si elle bloque au départ, vous oblige ensuite à raisonner, ce qui vous guide à prendre ou reprendre les bonnes décisions, à faire ce qu’il faut faire ou, pour le moins, s’en approcher. Vous souvenez-vous de cette image, Place de la République, cette foule hurlant et élevant ses pancartes et banderoles du « Même pas peur » ? Jusqu’à ce moment où un bruit identique à celui d’une explosion a retenti et que tous ces gens ne pensent plus qu’à fuir. Réaction normale, ô combien compréhensible. Mais, de grâce, n’entraînons pas les autres dans de faux semblants, dans le mensonge. D’autant que l’ennemi sait parfaitement qu’il fait peur. Sinon, sa finalité serait-elle aussi radicale ? C’est avec la peur que l’on résiste, comme avec la résolution, la décision et, disons-le, l’obligation. On ne peut pas tout bazarder de sa vie. Chacun a ses obligations à accomplir quotidiennement. Faire les choses, vivre. Par contre, le comportement de chacun est un pied de nez à l’assaillant. Qu’il nous imagine ou nous observe, de loin ou qu’il nous voit, de près, prêt à accomplir l’irréparable… Il sait que devant et autour de lui, chaque être est un résistant. Alors, il peut entrevoir ce qu’est la résistance. En prendre conscience, c’est moins sûr.

Ce sont nous, les résistants. Chacun, chacune. Seul, notre comportement est notre arme. Tous, nous sommes les nouveaux résistants.     

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