« La France a perdu deux de ses fils et nous perdons deux de nos frères ».

(Général Lecointre, Chef d’État-Major des armées )

Salut à eux. Salut à ces deux forces spéciales…

Je comprends votre émotion. Mieux, je la partage. Mais permettez-moi de penser que la mort de ces deux soldats, aurait pu être évitée…

Ah oui ? Qu’est-ce qui vous incite à être si tranchant ? Vous avez des informations particulières ?

Non, puisque l’on sait que nos Forces Spéciales échappent à tout contrôle hiérarchique, que je nommerai « classique », hormis le Président. Mais, ce n’est pas ce que je veux avancer comme explication. Au vu de ce que l’on sait, en particulier les recommandations du Quai d’Orsay…

On peut dire les exhortations…

… les deux otages à libérer ont pris une initiative insensée en se laissant guider là où ils n’auraient jamais dû être, à savoir au nord du Bénin, avant de se faire enlever, puis trimballer vers le Mali, via le Burkina Faso. Une zone rouge, sur-lignée ainsi, en raison de la présence de bandes liées à Al-Qaida et à l’État islamique, dans la région…

Leur guide avait été purement et simplement massacré…

Et nos deux soldats tués, l’ont été, parce que l’ensemble du commando avait refusé de se servir de son armement afin d’arriver au plus près des otages, sans qu’il y ait risque pour eux de se prendre une balle perdue. Le tout en terrain découvert. 

C’est tout à votre honneur de retenir cette thèse, qui restera, malgré tout, stérile, puisque certains, ou seront toujours inconscients ou estimeront toujours, ne pas être concernés… Par contre, ce que je retiens, c’est non seulement la libération des deux français mais, également, celle de deux femmes, une américaine et une coréenne…

À la surprise générale !

Tout à fait, et, ça, c’est totalement positif…

Avec quatre tués chez les gardiens et, malgré tout, deux qui ont réussi à prendre la fuite…

Un point me sidère tout de même. Je pense que les mots employés sont importants dans l’évocation d’un drame comme celui-ci et à tout niveau. Eux aussi peuvent faire terriblement mal, pour ne pas dire plus. Je trouve que la mère de l’un des deux otages sauvés, aurait pu éviter de dire que la libération de son fils était « le principal ». C’est faire peu de cas des familles des militaires et de leurs compagnons d’armes…

Une mère, son fils… Sans doute, aujourd’hui vit-elle mal ses propos, malgré sa joie profonde…

Je voudrais revenir sur la signification de notre salut à double facette. Effectivement, l’explication couvre deux aspects : celle que tout le monde aura comprise, l’hommage que nous rendons à nos deux morts. Et, plus largement, il s’agit d’honorer ici, l’ensemble des composantes de nos Forces Spéciales, en mettant en avant le courage et l’abnégation qui portent leur engagement. Cette mission l’a encore montré, puisque, malgré les préparatifs sérieux, les nombreuses précautions, ils ont agi à découvert et n’ont pas utilisé leurs armes. Bien sûr, on ne sait rien d’eux, de ce qu’ils font, de quand ils partent, d’où ils vont. Certains d’entre eux pour ne plus revenir… Ce sont des personnels hors cadre. Salut à eux, aussi.  

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