Et, voilà, ça devait arriver…

La fumée, l’odeur, les résidus, les retombées nocives… tout le monde en parle, tout le monde dénonce, tout le monde condamne et c’est normal !

Oui, sauf que, d’un autre côté, tout le monde savait. Tout le monde était au courant, qu’à cet endroit, se situait une zone à Risque. En tout cas, les habitants savaient, les riverains plus encore. Où alors, s’ils ne savaient pas, c’est que la direction de l’usine Lubrizol, n’avait pas suffisamment communiqué et, encore moins précisément, sur le Risque encouru. C’est que la Préfecture, le Département, la Mairie de Rouen, celles alentours, n’avaient pas ou mal relayé les infos. C’est aussi – pardon de le dire – que les associations environnementales et autres, n’avaient pas été chercher l’information, pour accompagner efficacement les populations. Et, je vais aller sciemment plus loin : c’est que les habitants, n’étaient pas allés à la pêche au renseignement, dès lors qu’eux-mêmes savaient que la zone était en classement Seveso « seuil haut », donc entreposant des substances dangereuses. Ça fait beaucoup de « c’est que », non ?

Quelques-uns…

Que disons-nous d’autre, ici, depuis des années : vous savez que vous êtes près d’un site à Risque Majeur et vous savez, alors, que l’impossible peut se produire. Vous savez que, vous aussi, avez à prendre une  responsabilité, à votre niveau : vous préparer à une Réalisation de Risque, toujours possible.

D’accord, seulement…

Ne me faites pas dire ce que je ne dis pas. Bien sûr, l’aspect aléatoire ne peut pas être maîtrisé et, tout le monde ne peut pas être au même niveau de préparation. Mais, en amont, chacun sait qu’il a maintenant la possibilité d’apprendre beaucoup sur le Risque Majeur, à proximité duquel il s’est installé, par choix ou par obligation.

J’espère que vous n’en êtes pas à dire un truc du genre : « vous avez à vous en prendre, d’abord à vous-même » !

Vous savez pertinemment que non. Je dis que chacun, dans l’interrogation qui est la sienne, face à un Risque Majeur, connu et côtoyé chaque jour, doit apprendre à le connaître et doit apprendre à accomplir la part qui est la sienne, pour lui et ses proches, à savoir se responsabiliser pour faire face, au mieux, le moment venu. S’il vient.

Sachant que l’impondérable est tout de même omniprésent, malheureusement.

C’est l’évidence. Comme je pense que les associations qui, à peine 48 h après la Réalisation du Risque, ont porté plainte et, depuis, balaient d’un revers de main, les déclarations officielles, affirmant qu’elles ne disent pas la vérité, pourraient peut-être attendre le lancement des premières investigations et les premiers résultats d’enquête à venir, avant de tirer à boulets rouges, sur tout responsable, du site ou de la représentation locale, comme nationale.

S’il y a un flou, y a un loup, vous connaissez !

Sans compter qu’en France, même s’il n’ y a pas de flou, il faut qu’il y ait le loup…

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