Nous évoquions le Mont-Blanc, il y a peu, en soulignant l’incivisme ambiant, mais il y a un autre problème qui se joue actuellement dans nos montagnes. Je veux parler du recul permanent du permafrost…

D’abord, un rapide rappel de ce qu’est le permafrost, peut-être, Jefékoa ?

Oui, bien sûr : c’est un terme qui, pour le géologue, évoque la continuité d’un sol gelé à un endroit donné, durant plus de deux années consécutives et qui, si vous le permettez, en terme d’image, pour le poète, exprime la puissance apaisante du lieu. Or, chacun sait, qu’aujourd’hui, une fois de plus, le changement climatique intervient dans sa durée de vie. En France par exemple, on sait que le permafrost ne sera plus présent, sous la barre des 4000 m, d’ici à la fin du siècle…

Au-delà et France comprise, il faut savoir que la couverture terrestre du permafrost équivaut à 20% de la surface de la Planète…

Mais, il paraîtrait que 50 % de ces 20 %, seraient appelés à disparaître, avant 2050. C’est demain, 2050…

Pour vous répondre, Gipeurien, revenons aux Alpes. Et pour essayer d’étayer nos propos, prenons pour repère un glacier tel que celui d’Argentière, dans l’environnement de Chamonix. Des chiffres : on sait que sa surface est de 1400 ha sur une longueur qui s’étire sur 9 000 m et une largeur oscillant entre 500/600 m. Le haut du glacier se situe à 3150 m d’altitude, quand le front atteint 1500 m…

Avec une rupture à hauteur de1900 m…

Oui, sur une barre rocheuse de plus de 200 m2. L’épaisseur haute de glace est de 300 m contre une frontale de 100 m. On sait aussi que l’ensemble des glaciers alpins a perdu, entre 2003 et 2015, quelque chose comme 25 % de sa superficie. Sachant que, l’altitude joue un rôle prépondérant. Le glacier fond en bas et se reconstitue par le haut, avec l’appoint des masses neigeuses hivernales. Sauf que, le phénomène a tendance à se tasser : moins de neige en haut, plus de fonte en bas. L’épaisseur de glace est la première touchée. Une perte, entre 75 cm et 1 m, chaque année…

Chaque année ?

Absolument. En plus, vous le savez, un glacier bouge. Argentière glisse à une vitesse de 200 à 400 m/an avec une pente moyenne de 20 %. Résultat : on peut estimer, sans grand risque de se tromper, que si rien ne change, il aura disparu avant 2100…

Comme la plupart des glaciers de moins de 4000, je suppose. Les autres sauront mieux résister…

Le glacier du Dôme du Goûter, proche du sommet du Mont-Blanc, a très peu perdu sur les trente dernières années, quand Argentière et la Mer de Glace ont reculé de 750 m…

Les conséquences vont être terribles ?

Et multiples : glissements de glaciers, avalanches de glace, glissements de terrains, coulées de boue, formation de lacs extérieurs et souterrains, cascades, inondations…

Et accessoirement, plus de courses en montagne l’été… Du moins, tant qu’il n’y aura pas de stabilisation des sols !

Je comprends mal…

Le permafrost cimente les montagnes. Vous imaginez la suite…

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