Elles et ils ont tenu bon. Durant, plus de deux mois, elles et ils ont fait le job. La reconnaissance envers eux – ô combien méritée – est venue de partout. Et, aujourd’hui, forts de leur héroÏsme, construit sur le professionnalisme, le talent, le courage, le dévouement, l’humilité, l’humanité, ces caractères hors pair, justement, se braquent…

Justement parce qu’ils sont hors pair ou, justement, parce qu’ils ont raison de se braquer ?

Les deux, bien sûr ! Justement, parce qu’ils ont montré leur savoir-faire technique, leurs qualités humaines, jusqu’à l’exceptionnel. Et, justement, les mérites qu’ils ont reçus, aussi bien comme témoignages que, comme félicitations, les uns et les autres veulent, exigent un retour sur investissement. Et, là, chacune comme chacun ne veut pas être en reste. Je ne critique pas, c’est non seulement naturel, puisque tout autant mérité…

Surtout, promis !

Je ne le conteste pas. Par contre, ce que je sens pointé, ce que quelques uns ont déjà montré, c’est l’exigence, c’est l’arrogance. En tout cas, je l’ai ressenti et le reçois toujours, de cette façon.

Vous savez très bien que, si vous ne prenez pas les devants, si vous ne mettez pas une pression suffisante, vous n’obtenez que peu, quand ce n’est pas rien, alors que l’on s’est engagé à vous donner beaucoup, le moment venu. Or, le moment est là…

Mais, des négociations sont d’ores et déjà engagées. Laissons du temps – et non pas « le » temps – au temps.

Mais qui visez-vous, exactement ?

Les soignants, vous le savez très bien…

Puis, je vois poindre aussi, les policiers, puis, ce seront les pompiers, puis… 

Je sais ce que vous allez dire : les deuxième, troisième, quatrième lignes…

Et les autres…

Ben, oui ! Sauf que les lignes, elles s’arrêtent où ? Moi, je veux bien, mais l’économie, elle dit quoi ? Et le social, vous croyez qu’il va rester sans bouger ? Vu comme ça, je vais, à juste titre, ajouter les religieux de tous ordres, Monsieur Dupont, Madame Durand et tous ces gens qui se sont donné sans compter et, qui, parce qu’ils ont agi en tant qu’individu, n’obtiendront que les remerciements – et c’est beaucoup – de la part de celles et ceux qu’ils ont aidé et, peut-être, des édiles du coin…

Il est vrai que dans de tels cas, c’est toujours la même chose. Prenez les chômeurs. Quand il y a des charrettes,  on entend qu’eux, mais pendant ce temps, ceux qui un par un sont sortis de l’emploi, ils sont bons pour garder leur amertume, leur trouille de l’avenir pour eux… Pas de chantage aux explosifs, pas de quête dans la rue, ni de collecte sur internet

Tout à fait. Et mieux vaut mourir dans un accident d’avion, à des dizaines de personnes que, tout seul, sur la route…

Revenons peut-être à notre réflexion, même si vous avez raison. Je suis sans doute, un tendre, mais je ne voudrais pas voir une aide soignante, une infirmière, un toubib, généraliste ou de l’hôpital, comme déjà, nous l’avons vu, venir se targuer d’avoir fait le bon boulot reconnu de tous, pour revendiquer, pire, réclamer, exiger une augmentation de salaire. Pour moi, tout s’écroulerait. Que tout se fasse dans le respect mutuel, la concertation sans le chantage de la position de force. Et, entre nous, l’État, n’a-t-il pas fait sa part ? Je suis certain qu’il va continuer. Je peux rêver, non ?

Vous avez le droit de rêver. Eux aussi…

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